Tourisme Formation professionnelle, le grand défi, la grande urgence.
Le tourisme au Maroc a fait ses dernières années d’importants progrès en matière d’hébergement avec le lancement et la réalisation de nombreuses unités hôtelières. Le grand défi à relever avec tout le sérieux, le professionnalisme et l’implication exemplaire qu’il faut, reste celui de la formation professionnelle liée aux divers métiers du tourisme dont l’hôtellerie. Notre pays ne peut dire qu’il aura réussi son développement touristique qu’ une fois qu’il aura réussi la formation professionnelle en tourisme et hôtellerie.
Actuellement un manque flagrant est enregistré dans le milieu et dans toutes les villes à vocation touristiques. Déficit dans le fond comme dans la forme, déficit dans les méthodes comme dans les objectifs, les finalités et le nombre de lauréats formés chaque année, à l’échelon national. La formation à la va vite, qui vise plus la quantité plutôt que la qualité, adoptée par l’OFPPT ne donne pas du tout satisfaction chez les professionnels du secteur de l’hôtellerie qui s’en plaignent sérieusement. Il faut tout revoir avec les professionnels de terrain et avec les pays qui nous dépassent et qui ont une grande tradition en matière de formation professionnelle en tourisme et hôtellerie : France, Suisse, Allemagne, Canada…
Le ministre du tourisme, le premier interpellé par cette situation critique, doit relever ce grand défi avec toute l’énergie qu’il faut. La réussite du secteur du tourisme n’est pas seulement dans les nombres de lits, le nombre de restaurants, le nombre de touristes. Elle est beaucoup plus dans la qualité de service offert aux visiteurs. La satisfaction ne se mesure pas avec le nombre de lits, ou de stations touristiques réalisées, mais avec la qualité d’accueil, la qualité des prestations fournies à tous les niveaux qui touchent le tourisme : accueil à l’aéroport, dans les hôtels, dans les restaurants, à travers une bonne infirmation touristique etc… Malheureusement pour l’instant, c’est la déception partout et à grande échelle.
Il y a bien sûr des sociétés de gestion hôtelière, de niveau international, qui essaie de hisser le niveau de la formation et du personnel vers le haut, tel le Groupe Accor, mais un seul arbre ne pourra jamais faire la forêt. Le problème de la formation professionnelle, d’ailleurs aussi bien dans le secteur du tourisme, que dans les autres secteurs économiques ou autres, est tellement vaste, tellement vital pour le développement de pays. Il faudra définir une stratégie nationale claire à la fois pour la formation initiale, pour la formation continue, le perfectionnement, le recyclage, la spécialisation, dans une bonne coordination entre les professionnels du terrain et les institutionnels, sinon on continuera à tourner en rond croyant qu’on fait les choses dans les règles, ce qui n’est pas le cas du tout. La Stratégie nationale pour la formation professionnelle doit être appuyée par un Contrat Cadre entre la profession et la tutelle en matière de formation professionnelle.
L’apport des professionnels du tourisme et de l’hôtellerie est déterminant dans la réussite de la formation. Ils doivent non seulement être consulté pour la confection des cursus de formation mais également pour donner des cours pratiques, monter des modules de formation superviser les cours et valider les diplômes. Ils sont les premiers employeurs et recruteurs, ainsi ils ont le droit d’être impliqués pour bien encadrer leurs futurs employés et leur accorde la formation qu’il faut pour les compétences qu’il faut. Des retraités hôteliers, chefs de cuisines, restaurateurs, directeurs d’hôtels et d’hébergement doivent être sollicités pour apporter toute l’aide et le savoir faire nécessaire à la réussite de la formation professionnelle.
Pour se convaincre des défaillances dans la formation professionnelle en hôtellerie de nos jours par exemple, vous n’avez qu’à faire des séjours dans des hôtels, toute catégorie confondue, des cinq étoiles aux villages de vacances en passant par les maisons d’hôtes, etc, vous aurez de quoi rédiger une encyclopédie défaillances en moins d’une semaine de séjour cumulé. C’est grave, très grave même, plus grave encore la pénurie enregistrée actuellement en matière de personnel formé en hôtellerie. Les investisseurs hôteliers essaient de faire avec ce qu’il y a, mais ce qu’il y a est décevant voire handicapant pour le développement touristique. Le défi à relever très urgent car il touche à la fois l’état actuel du développement du secteur comme son avenir proche et lointain.
Des ressources humaines qualifiées et en nombre suffisant sont la condition majeure de la réussite du développement touristique dans notre pays. Investir dans les murs, c’est bien ; mais investir dans les ressources humaines est beaucoup mieux encore. C’est stratégique et c’est rentable pour l’investisseur comme pour l’économie du pays et pour l’amélioration des conditions de vie des populations. A bon entendeur, salut.
Mohamed RIAL
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